Dark Tourism

Où s'arrête le devoir de mémoire, où commence le voyeurisme ?

Le site Dark Tourism : carte du Japon avec Fukushima et une vue Street View

Le projet en bref

Outils

  • Carte MapLibre GL
  • Graphiques D3.js, JavaScript
  • Web HTML, CSS, Vite, Netlify
  • Contexte Un projet en binôme, avec Thierry Koulbanis, du cours de visualisation de données de la HEIG-VD (mars–mai 2026) : raconter le dark tourism avec des chiffres, et avec l'avis du public.
  • Ma part La carte interactive, le design et les textes du site. Nous avons cherché les données à deux.
  • Livrables Un site interactif en anglais, deux jeux de données, et la documentation des sources lieu par lieu.
  • Résultat Un site en ligne : 9 lieux, 11 ans de fréquentation, et la comparaison avec 22 réponses au sondage.

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Le point de départ

Le dark tourism, c'est visiter des lieux marqués par la mort, la catastrophe ou la souffrance : Pompéi, Auschwitz, Tchernobyl, Ground Zero. Le terme apparaît en 1996 sous la plume de Malcolm Foley et J. John Lennon. Plutôt que de donner une réponse, nous voulions poser une question au visiteur : où s'arrête le devoir de mémoire, et où commence le voyeurisme ?

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Le constat

Aucune base de données n'existe. Nous avons donc compilé nous-mêmes la fréquentation annuelle de neuf lieux, de 2015 à 2025, à partir de rapports des sites, d'offices de tourisme, de la presse et des autorités locales.

Des chiffres très inégaux. Auschwitz et Pompéi publient des chiffres officiels ; Tchernobyl ou la Syrie reposent sur des estimations de presse, et le « human safari » de Sarajevo échappe à toute statistique. La sélection reste aussi très occidentale, et la pandémie fausse les années 2020 à 2022.

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Les choix

Deux jeux de données qui se répondent. La fréquentation des lieux, et un sondage diffusé en mars 2026, où chacun note de 1 à 5 à quel point il considère chaque lieu comme du dark tourism.

Faire participer le visiteur. Il place d'abord chaque lieu sur une échelle, puis découvre où se situe son avis par rapport à celui du public.

Assumer les biais. Plutôt que de les masquer, nous les avons documentés lieu par lieu, avec les sources : sur ce sujet, une donnée « propre » n'existe pas.

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La réalisation

Un récit en quatre temps.

  1. L'introduction confronte trois cas : visiter Pompéi, explorer Tchernobyl, participer à un « human safari » à Sarajevo. Est-ce du dark tourism ?
  2. La carte voyage d'un lieu à l'autre au défilement, avec une fiche et une vue Street View pour chacun.
  3. Le vote : le visiteur classe les neuf lieux de 1 (« pas dark ») à 5 (« dark »), puis voit l'écart entre sa note et la moyenne du public.
  4. La frise suit la fréquentation de chaque lieu de 2015 à 2025.
Écran d'introduction du site : « Is it exploring Chernobyl? », sur des photos de Pripyat
L'introduction : « Is it exploring Chernobyl? »
Carte du Japon avec le lieu Fukushima, sa fiche et une vue Street View d'une école abandonnée
La carte : Fukushima, avec une vue Street View
Écran « How dark is it? » : des lieux placés sur une échelle de 1 à 5, d'autres encore à placer
Le vote : « How dark is it? »
Écran « You vs. the public » : pour chaque lieu, la note du visiteur comparée à la moyenne de 22 réponses
La comparaison : « You vs. the public »

Stack : MapLibre GL et Street View, D3.js et JavaScript sans framework, scrollytelling en HTML et CSS, Vite et Netlify. · Voir la démo · Code source

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Résultats et limites

Les lieux les plus visités sont ceux que le public juge les moins « dark ». En 2024, Ground Zero a accueilli 11,6 millions de visiteurs et Pompéi 4,2 millions, avec les notes les plus basses (2,19 et 2,25 sur 5). À l'inverse, le « human safari » de Sarajevo et le tourisme de guerre en Syrie obtiennent 4,5 sur 5. Attention : le mémorial du 11-Septembre est une place en accès libre, Pompéi un site payant ; ces chiffres ne mesurent pas exactement la même chose. Les avis divergent aussi beaucoup : sur certains lieux, les notes allaient de 1 à 5.

Les limites. Le sondage ne compte que 22 réponses d'étudiantes et d'étudiants de la HEIG-VD : il n'est pas représentatif. Une partie des chiffres de fréquentation sont des estimations, signalées comme telles.

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Enseignements

Documenter ses biais vaut mieux que les cacher. Quand une donnée « propre » n'existe pas, montrer d'où viennent les chiffres et ce qu'ils ne disent pas rend l'analyse plus crédible, pas moins.

La façon de raconter compte autant que l'objet. Mon hypothèse : on visite plus facilement un lieu qu'on peut présenter comme culturel ou mémoriel. C'est vrai pour une destination comme pour une marque.

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